Rencontre avec les frères Moock : Patrick Moock



Patrick Moock, quelles sont vos champs d’actions principaux au sein de Mise au Green ?

Patrick Moock : Je m’occupe principalement de l’équipe administration / gestion (comptabilité, ressources humaines…), du développement commercial (nous gérons un réseau de magasins, avec un directeur commercial qui en assure notamment l’animation), du service digital, de la partie logistique (de l’achat de la matière première aux points de vente en passant par la fabrication, il est essentiel pour une entreprise comme Mise au Green d’avoir une parfaite maîtrise des flux).

Dans le duo que vous formez avec votre frère Bruno, on vous présente comme “le gestionnaire”. Comment vous répartissez-vous les rôles ?

Patrick Moock : Dans une entreprise comme Mise au Green, les différents services ne sont pas tellement cloisonnés. Ainsi, je m’intéresse à la création et au collectionning (plutôt dans le périmètre de mon frère Bruno), tandis que Bruno travaille également sur les parties administration / développement commercial.

Vous avez fondé Mise au Green avec votre frère Bruno Moock en 1986. Quel avait été votre parcours jusque-là ?

Patrick Moock : En 1984, je suis sorti diplômé de l’ESCP, École supérieure de commerce de Paris (surnommée “Sup de Co Paris”). J’ai ensuite travaillé un an dans l’audit dans un cabinet anglo-saxon. Après avoir un temps monté une entreprise dans le domaine du golf (Golf Stream, qui fabriquait des objets dans le domaine du golf), j’ai créé avec mon frère Bruno Mise au Green où nous avons marié nos compétences.

Comment se lance-t-on dans la création d’une telle marque à 25 ans ?

Patrick Moock : Avec une part d’inconscience ! Mais, avec des parents qui étaient des commerçants indépendants, j’ai toujours eu l’esprit d’entreprendre.

Avec Bruno, en créant Mise au Green, nous avions tous deux une expérience dans le domaine de l'entreprenariat.

Avec le recul, nous avons eu la sagesse de ne pas nous emballer. Si les premières collections ont très bien fonctionné à l’étranger, nous avons su construire notre entreprise, avec une croissance maîtrisée, sans se laisser griser par le succès. Des phases de consolidation ont ainsi pu suivre des périodes de forte croissance. Nous nous sommes toujours assurés de consolider avant d’ajouter une brique supplémentaire à l’édifice.

Comment avez-vous conduit, avec votre frère, la marque Mise au Green et son développement ?

Patrick Moock : Mise au Green est pour nous l’histoire d’une passion qui ne nous a pas quitté depuis le début. Nous avons beaucoup donné pour l’entreprise, et la passion a été le vrai fil conducteur. On sait qu’il faut remettre l’ouvrage sur la table, et toujours trouver les bonnes réponses aux attentes des consommateurs.

Ainsi, nous sommes passés d’une collection composée de chemises brodées, spectaculaires, haut de gamme, à une marque sportwear premium accessible. En effet, la mode de la broderie s’était estompée, il fallait donc se renouveler. Nous l’avons fait, mais en gardant les trois vaches.

De même, au niveau de la distribution, nous avons d’abord ouvert à Strasbourg, puis à Metz, puis à Mulhouse : nous avons ainsi tissé un réseau à partir de notre région d’origine (l’Alsace et les Vosges).

Vos clients sont au cœur de vos préoccupations...

Patrick Moock : Nous ne devons jamais oublier nos clients. C’est un souci constant : les vêtements n’ont de valeur que s’ils correspondent aux attentes des clients. Ce qui fait la valeur de nos vêtements, ce sont les qualités qui leur sont reconnues par nos clients (les grandes tailles, le confort, l’entretien…). Cela va au-delà de la marque : ce n’est pas la marque mais les produits qui sont la vraie valeur !

Nous n’ambitionnons pas d’être sous les feux de la rampe, mais de proposer des produits qui répondent aux attentes de nos clients.

Avec pour symbole et logo trois vaches, fameuses désormais, la marque Mise Au Green s’inscrit comme précurseur dans la préoccupation d’écologie qui se développe d’année en année…

Patrick Moock : L’écologie n’est pas un argument de vente : c’est une façon d’être et de se comporter. Ce n’est pas un affichage. La réalité, c’est que nous avons grandi dans des univers de campagne et de petite ville.

Certains ont fait de l’écologie une vitrine, ont communiqué dessus. Nous, nous n’en parlons pas, mais les équipes de Mise au Green partagent ces valeurs qui sont pour nous une démarche naturelle.

De même, rares sont les marques qui sont restées centrées en province : ça nous va bien d’avoir pignon sur Strasbourg !

En tant que dirigeant de Mise au Green, quelle est votre plus grande satisfaction ?

Patrick Moock : Je pense aux clients croisés lors des 30 ans de l’entreprise. Nous avions organisé une marche gourmande avec nos clients, ce fut comme une fête de famille. Certains étaient même venus avec les premières créations de la marque qu’ils avaient gardées ! Finalement, Mise au Green, c’est une famille qui se trouve autour d’une histoire.

Comme votre frère, vous êtes sportif…

Patrick Moock : Je suis effectivement aussi un sportif, depuis toujours ! J’ai notamment pratiqué des sports d’équipe (comme le basket) qui, dans l’esprit, ne sont pas loin de la vie d’entreprise.

 Avec Bruno, nous nous sommes lancés dans le marathon en créant par exemple une équipe Mise au Green dans l’entreprise : ses membres (une petite douzaine de personnes) ont parcouru le monde en s’alignant sur 6 marathons. Nous partagions alors les mêmes valeurs de plaisir et du goût des bonnes et belles choses. Cet effort exceptionnel nourrit une réelle amitié et un esprit d’équipe.

Aujourd’hui, je pratique plus le vélo, ce qui permet de faire de beaux efforts et d’être tourné vers la nature, tout en protégeant ses articulations !